Des pavés à la plage Mai 68-2018 faisons des provisions

Des pavés à la plage, Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne

Mai68Vignette

Dans mon livre sur Mai 68, publié le 27 mai 2018, je donne quelques conseils pour affronter une grève générale ou toute situation extrême, humaine ou naturelle. Une liste à développer…


Quelques conseils pratiques pour affronter une grève longue et paralysante

Prenons nos précautions. Préparons des provisions.

Prévoyons des groupes électrogènes, des bouteilles de gaz, des feux de bois.

Prévoyons des bougies, des lampes LED.

En cas de coupure d’électricité, les plats congelés risquant de se perdre, faisons des conserves et préparons des plats lactofermentés.

Stockons des packs lyophilisés de survie.

Stockons des éléments de première nécessité.

Stockons de l’eau. Repérons les points d’eau.

On trouve de l’eau dans les cimetières, sauf en cas de coupure généralisée pour pollution grave ou autre événement exceptionnel.

Cultivons nos jardins dans nos potagers, sur nos terrasses, nos balcons, devant les baies vitrées. Apprenons les plantes sauvages qui peuvent nous nourrir en cas de pénurie de vivres.

Utilisons les outils à notre portée.

Stockons de l’essence ou ressortons nos vélos.

Changeons notre façon de consommer.

Allégeons les courses.

Réinventons la vie.

Notre survie est à ce prix.

Cette liste n’est qu’un début, on continue le combat  !


Lien pour trouver des équipements de survie
Lyophylisé & co : entreprise située au port de pêche de Lorient au départ spécialisée dans l’avitaillement des navires, utile aussi pour d’autres activités)
https://www.lyophilise.fr/

Recommandée par mon camarade auteur Bruno Challard, qui prépare le défi à la voile La Longue Route 2018 sur la circumnavigation de Bernard Moitessier, cinquante ans plus tard.
https://longue-route-2018-bruno-challard.com/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Moitessier#La_Longue_Route


La brochure de la Suède pour affronter les crises ou la guerre

Autre lien de survie transmis par mon camarade auteur Jérémie Brunet, qui pratique la lactofermentation. Je n’ai pas encore expérimenté, mais je vais le faire cet été.

https://www.msb.se/en/Tools/News/The-brochure-If-Crisis-or-War-Comes-is-available-to-download/


Gaelle Kermen, Kerantorec, le 8 juin 2018

Extrait de Des pavés à la plage, Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne

En exclusivité numérique sur Amazon tout l’été 2018
Bientôt en deux versions papier broché : format normal et format grandes lettres

Combat Nº 7438 Vendredi 14 Juin 1968

Journal de Paris devise : « de la Résistance à la Révolution »

Combat_14_juinDE GAULLE S’EXÉCUTE : IL REND SALAN

La libération prochaine du chef de l’OAS est le prix que doit le Président de la République à l’armée pour l’avoir maintenu au pouvoir

  • Le colonel Lacheroy mis en liberté provisoire à son retour d’Espagne

M. CHALANDON : IL FAUDRA 2 ANS POUR EFFACER LES EFFETS DE LA CRISE

  • Ouverture des négociations chez Citroën
  • Optimisme à Renault et Peugeot
  • La CGT accuse la CFDT d’avoir rompu l’unité d’action

BAC LE 27 JUIN A PARIS

  • Les étudiants nettoient la Sorbonne – concrètement en procédant à une opération propreté – politiquement en luttant contre la « congolisation »
  • Cohn-Bendit serait autorisé à rester en Grande-Bretagne

OPÉRATION LÉGISLATIVES : BOULOGNE-BILLANCOURT

« Le général de Gaulle continue de payer ses dettes. Le plus urgent a été de donner aux travailleurs ce qu’ils demandaient, moyennant quoi le P.C. et la CGT ont accordé un sursis au régime. Maintenant il faut régler le second créancier : l’armée, dont la fidélité sollicitée il y a quelques semaines a permis aux gaullistes de rester en place. (…)
Il y a assez longtemps que nous demandons l’amnistie pour nous réjouir que les événements l’aient imposée. Un groupuscule d’étudiants aura plus fait pour elle que n’importe quoi. C’est une des malices de l’histoire. Mais au fait, et les étudiants ? Pour eux, pas de cadeau, pas de rançon, pas de dette ! Ils apprendront ainsi que la révolution ne profite jamais qu’aux grandes personnes qui ont de l’expérience et l’habitude des affaires. Certains en tireront la conclusion que tous les élans spontanées sont inutiles, d’autres se convaincront qu’une révolution ne doit pas s’arrêter en chemin. (…)
Il n’y a plus rien désormais, politiquement, à la droite du gaullisme. (…) On est très loin de la société nouvelle. Mais on ne sait jamais : le jour où cela lui sera nécessaire, le général de Gaulle s’entendra avec quelque groupuscule trotskyste ou maoiste et il abandonnera un autre de ses principes et il oubliera une autre de ses paroles… »
COMBAT

Dernière page

LES ÉTUDIANTS NETTOIENT LA SORBONNE

Communiqué du Comité d’Occupation de la Sorbonne

« Après la campagne de presse déclenchée contre la Sorbonne et qui vise à discréditer notre mouvement, le comité d’occupation communique :

  1. Un certain nombre de groupes irresponsables qui ne sont ni étudiants ni travailleurs, profitent de la situation de la situation créée ces derniers jours, pour imposer un contrôle quasi policier de la Sorbonne.
  2. La situation sanitaire de la Sorbonne est mauvaise. Elle exige des mesures d’urgence qui ne peuvent être prises que lorsqu’un certain nombre de locaux et d’escaliers seront évacués.
  3. En conséquence le comité d’occupation a décidé, en accord avec les diverses organisation d’étudiants et d’enseignants, de fermer progressivement l’ensemble de la Sorbonne à l’exception de la cour, des cinq amphithéâtres donnant sur la bibliothèque et de l’escalier C.
  4. Cette fermeture durera 48 heures, de façon à nettoyer et désinfecter l’ensemble de ces locaux. Le comité d’occupation a, depuis plusieurs jours cherché, cherche à faire accepter cette mesure aux groupes irréductibles. Devant leur refus, il lance un appel à tous les militants pour l’aider à garder la Sorbonne au service de la lutte.
  5. Nous ne pouvons autoriser plus longtemps que soit donné au pouvoir le prétexte d’intervenir avec ses CRS.
  6. Le comité d’occupation convoque tous ceux qui veulent participer à cette réorganisation à se rendre à 17 h 30, à l’amphi Descartes.

A l’amphi Descartes, après un « filtrage » sérieux, une centaine de militants seulement ont été admis. Dans la cour, par contre, plus de 3 000 personnes attendaient les « consignes ». Le comité d’occupation a fait voter par les militants des comités d’action la fermeture totale pour 48 heures de la Sorbonne à l’exception e la cour, du grand amphi, de l’amphi Descartes et de l’escalier C où sont groupées les commissions.

Le comité d’occupation, exprimant la volonté des militants étudiants, vise en fait l’expulsion des Katangais et de certains autres groupes incontrôlés. Les étudiants sont bien décidés à éviter les incidents graves. Ils savent aussi que le sort de leur Mouvement est au prix de ce « nettoyage ». Réfugiés dans les locaux du rectorat, les Katangais ne semblent pas décidés à négocier. Il reste qu’en dehors de la Sorbonne, certains n’attendent que de providentiels incidents. A la Sorbonne pourtant, la décision est prise, et si nécessaire, les comités d’Action seront mobilisés

BALAYER LA SORBONNE

Depuis quelques jours, la Sorbonne était livrée aux insectes. Certains confrères se sont soudain intéressés « au camp retranché ». (…) Le Comité d’Occupation, approuvé et soutenu par les militants, a décidé de rendre la « Sorbonne aux étudiants ».
Cela vise, bien sûr, les fameux Katangais. Surgis du néant, vite baptisés sur les « barricades », ce groupe s’est installé le 16 mai à la Sorbonne. D’autres groupes l’ont bientôt suivi. Sous la direction de « Jacky », une dizaine, puis une vingtaine ont servi, à leur manière, la Révolution.
Abusant de l’atmosphère d’alors, ils imposèrent vite leur loi et leurs méthodes. Ne parlant pas, pour l’instant, de leurs trafics. Disons seulement que la présence d’un certain nombre de mercenaires en rupture de Congo, ou de prison, ne peut servir que le Pouvoir. En effet, il n’est pas évident que, moyennant finances (un mercenaire, n’est-ce-pas…), les polices du Régime ne s’en servent déjà. (…)
Certes, en été, les fenêtres ouvertes avec la lumière attirent irrésistiblement les insectes en même temps que l’air frais. Mais, le jour venu, les insectes meurent au pied des lampes. Il suffit de balayer. La nuit de la Sorbonne a trop duré. La provocation policière devenait trop claire. Pour l’avoir compris, les étudiants permettent enfin à tous les militants de respirer. De respirer un air moins vicié.
J.A.P.


Gaelle Kermen, Kerantorec, le 4 juin 2018

Extrait de Des pavés à la plage, Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne

En exclusivité numérique sur Amazon

Combat Nº 7436 Mercredi 12 Juin 1968

Journal de Paris devise : « de la Résistance à la Révolution »

Combat_12_juinDE NOUVEAU LA RUE…

« Il n’y avait pas d’autres moyens pour les étudiants d’exprimer leur volonté que sous la forme brutale qu’ils ont adoptée en mai dernier. Lorsque par dizaines de milliers ils se battaient sur les barricades et défilaient dans Paris, cela signifiait quelque chose : cela signifiait une réaction unanime contre les lois d’une société qui méprise la dignité de l’homme, cela signifiait également une réponse au défi stupide qu’un gouvernement fanfaron leur avait lancé en réduisant leur colère aux dimensions d’une agitation groupusculaire. De cette manière, les étudiants sont au moins arrivés à leurs fins : ils ont mobilisé l’attention de l’opinion, ils ont provoqué chez les Français une crise de conscience salutaire, et ils ont imposé leur droit à participer à l’élaboration de leur propre destin. Ce ne sont pas de minces victoires, même si elles ne sont pas encore consolidées. » (…)
« Ce n’est pas au hasard de combats de rue qu’on pensera cette société nouvelle. Les barricades étaient nécessaires pour exprimer une ferveur et une volonté de libération, et pour donner un élan à un mouvement juste. Elles sont néfastes dans la mesure où le mouvement a trouvé sa dynamique et posé ses premiers jalons. »
COMBAT

GRÈVES : DURCISSEMENT DANS LES SECTEURS PARALYSÉS

La tension reste vive à Sochaux après les heurts violents qui ont opposé hier les grévistes de Peugeot aux forces de l’ordre et qui ont fait un mort

  • Fermeture des usines Renault à Flins après le départ des forces de l’ordre et la réoccupation par les grévistes
  • CGT et CFDT appellent à un arrêt de travail d’une heure cet après-midi
  • les ouvriers de Sud-Aviation s’opposent à la reprise du travail préconisée par les syndicats

ÉTUDIANTS : RELANCE DE L’AGITATION

Hier soir à Paris manifestations dans tous les quartiers, en réponse à la mort du lycéen noyé à Meulan

  • La police a empêché la formation du cortège, mais les étudiants se sont dispersés en petits groupes d’action.
  • Partout dans Paris des barricades se sont élevées aussitôt dégagées par les forces de l’ordre

Lycées : reprise aujourd’hui

  • Le SNES et le SGEN l’ont décidée, mais, en pratique, la situation ne sera normale qu’en fin de semaine.

Baisse des valeurs françaises à la Bourse et nombreuses tractations sur l’or

De Gaulle entame-t-il ses 100 jours ?


Gaelle Kermen, Kerantorec, le 3 juin 2018

Extrait de Des pavés à la plage, Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne

Combat Nº 7432 Vendredi 7 Juin 1968

Journal de Paris devise : « de la Résistance à la Révolution »

Combat_7_juinElections : l’inconnue est au centre

  • M. Duhamel lance ses troupe sur une voie médiane entre le gaullisme et le communisme
  • Le PC dénonce à la fois les « gauchistes » et les tenants d’une troisième force

La mort de KENNEDY : un défi à l’Amérique

  • La disparition du sénateur de New-York affaiblit les forces favorables au renouveau politique
  • Robert Kennedy sera inhumé demain au cimetière national d’Arlington

L’activité économique se normalise peu à peu

  • mais des secteurs entiers comme celui de la métallurgie restent paralysés
  • Le trafic reprend normalement aujourd’hui à la RATP, mais la remise en marche de la SNCF et de la RATP est plus lente

Renault : les grévistes chassés de Flins

  • venus manifester à Paris, un incident les a opposés à des anciens combattants

M. Roland Dhordain directeur de la Radio

  • M. Guena attend des propositions de l’Intersyndicale pour la reprise des émissions

Gaelle Kermen, Kerantorec, le 29 mai 2018
Blog auteur : gaellekermen.net

Extrait de Des pavés à la plage, Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne

 

Combat Nº 7422 Lundi 27 Mai 1968

Journal de Paris Devise : « de la Résistance à la Révolution »

Combat_27_maiLe corps à corps Pompidou-syndicats

Deux longues journées de négociation ont permis d’aboutir à une ébauche d’accord, notamment sur les salaires et les droits syndicaux

  • Le SMIG serait porté à 3 F et les salaires majorés de 7%

  • La CGT a présenté hier soir une nouvelle revendication : l’échelle mobile des salaires.
  • En tout état de cause le travail ne reprendrait pas avant la fin de la semaine

UN SYNDICAT OUVRIER REJOINT LES ÉTUDIANTS

M. Maurice LABE secrétaire général de la Fédération FO de la Chimie recommande la lutte révolutionnaire, et participera ce soir au meeting de Charlety.


Les étudiants ne désarment pas

L’UNEF les appelle aujourd’hui à manifester à partir de 17 heures et à « s’occuper eux-mêmes de leurs affaires »

  • Meeting au stade Charlety à Paris à 17 h 30
  • Le SNE-Sup maintient son soutien à l’UNEF

Le projet de loi référendaire adopté aujourd’hui par le Conseil des ministres


Combat A 0F50
(augmentation du prix du journal de 40 centimes à 50 centimes)
Nos lecteurs se rappellent qu’à la fin de 1967 nous avions préféré retarder la majoration de notre prix de vente à 0F50 dans le souci de rester fidèles à notre conception d’une presse à bon marché.  Depuis lors, nos charges n’ayant cessé d’augmenter, et la crise actuelle nous imposant des frais supplémentaires, nous nous voyons contraints de prendre cette mesure à partir d’aujourd’hui. (…)


Extrait de l’éditorial

Le régime se soumet aux syndicats. Sera-ce trop lui demander, lorsqu’il aura achevé de monnayer sa survie, de refaire l’Université autrement que par des mots et de la refaire avec les étudiants ?


Gaelle Kermen, Kerantorec, le 27 mai 2018

Blog auteur : gaellekermen.net

Extrait de Des pavés à la plage, Mai 68 vu par une jeune fille de la Sorbonne